"Les pérégrinations d'un paria"

Bonjour, je m'appelle Laurent, et je suis voyageur, artiste-peintre, et photographe à l'occasion. Ici vous trouverez mon univers de découverte du monde, à travers mes propres périples ou à travers ceux des autres.


Peniscola

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Peniscola

Un ami sympa m’ayant prêté son appartement pour quelques jours en Espagne, et ayant besoin d’une petite coupure après une intense période de stress, j’ai donc fui une météo pluvieuse pour aller me réchauffer en Espagne, près de Vinaros, entre Tarragone et Valence. J’en ai profité pour visiter quelques endroits superbes de la Costa Daurada qui valaient le détour. Entre autre, Peniscola, très connu pour sa citadelle située sur une presqu’île, avec un port et 2 belles plages de chaque coté de la presqu’île.

Peníscola est une commune d’Espagne de la province de Castellón dans la Communauté valencienne. Depuis 2013, Peníscola appartient à l’association « Les Plus Beaux Villages d’Espagne ».

On trouve d’abondants vestiges archéologiques dans les environs de la presqu’île, dans les sites de Poaig et Els Barrancs, ce qui confirme la présence dans cette zone d’une population ibérique, ainsi que les contacts entre celle-ci et les marchands phéniciens qui vinrent par la mer aux (VIIe siècle av. J.-C.-VIe siècle av. J.-C.). S’installèrent probablement à Peñíscola les Phéniciens venant de Tyr et peu de temps après les Grecs. Plus tard, Peñíscola vit arriver les Carthaginois, les Romains, les Byzantins et les Arabes.

Peñíscola, colonie grecque puis romaine, fut un port important par lequel transitèrent les produits manufacturés (céramique, tissus, armes, etc.) que les colonisateurs échangeaient contre du vin et de l’huile d’olive avec les Ibères qui peuplaient les montagnes de la côte. Ce sont les Romains, qui traduisirent en latin le nom grec de la cité (suivant les philologues, pene+iscola, « quasi île »), ce qui est à l’origine du toponyme actuel de Peñíscola.

Depuis l’an 718, date de la fin de la conquête par Tariq ibn Ziyad, jusqu’en 1233, la cité de Peñíscola a vécu sous la domination musulmane. Quelques peu  refroidis  par leur défaite à Poitiers par Charles Martel en 732, les Mauresques se fixèrent en Espagne et y restèrent jusqu’au 13è siècle. Ce sont eux qui donnèrent leur forme principale à la citadelle que l’on peut encore admirer aujourd’hui et qui a été sérieusement rénovée.

En 1294, frère Bérenger de Cardona, qui était le Maître de l’Ordre du Temple en Aragon et en Catalogne convient avec Jacques II d’Aragon l’échange de la ville de Tortosa contre les châteaux de Peñíscola, Ares, Coves et autres lieux. C’est donc entre les ans 1294 et 1307 que fut construit l’actuel château Templier sur les restes de l’alcazar arabe. Leus deux écus des promoteurs se retrouvent sculptés sur une frise au-dessus de la porte d’entrée du château ainsi qu’au-dessus de la porte de la basilique. Après la dissolution de l’Ordre du Temple, fut créé en Espagne en 1317 l’Ordre de Montesa pour protéger les terres chrétiennes. Le château de Peñíscola (ainsi que toutes les autres possessions du Temple dans la région du Levant) furent confiés à ce nouvel ordre.

A cheval sur les 14e siècle et 15e siècle, le Grand Schisme d’Occident a marqué l’histoire de l’Église avec la présence simultanée de deux Papes. Un d’eux fut l’Aragonais Pedro Martínez de Luna. Il succéda à Clément VII comme Pape d’Avignon sous le nom de Benoît XIII, alors que l’autre Pape Boniface IX s’installait à Rome bénéficiant de l’obédience des Anglais, des Allemands et des Italiens. Benoît XIII plaça le château de Peñíscola sous la juridiction du Saint-Siège, en le retirant à l’Ordre de Montesa. Destitué et exclu d’Avignon, celui qui était devenu l’antipape Benoît XIII, communément appelé Papa Luna, se réfugia à Peñíscola où il entrait le 21 juillet 1411. Il y installa le siège pontifical et il convertit son château en palais et bibliothèque pontificaux tant pour lui que pour son successeur, Clément VIII, l’aragonais Gil Sánchez Muñoz, second Pape de Peñíscola. Après la mort de Benoît XIII le 23 mai 1423, Clément VIII fut élu à Peñíscola par les partisans du Pape Luna, et gouverna entre 1424 et 1429. Son abdication rapide mit fin au Grand Schisme d’Occident. Ce pape est très respecté à Peniscola et possède une statue à son effigie aux pieds dans la citadelle.

 

L’entrée de la citadelle est libre, la visite du château et des jardins est payante (5,50 euros) mais vaut sacrément le coup d’oeil, ne serait-ce que pour admirer la presqu’île, le phare, les plages, la vue panoramique sur la mer et les toits, bref un charme irrésistible, notamment au coucher du soleil.

 

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